Parce que c’est un genre de tradition, v’la le déroulement de cette longue journée de voyagement…
5h40, heure de Strasbourg
Je me lève, même si mon téléphone n’a pas encore sonné. Je
n’ai pas eu le bonheur d’entendre les gars de QW4RTZ me souhaiter bon matin…
J’ai super mal dormi. Malgré une climatisation un peu défaillante et un buzz
intermittent, j’aurais pu mieux dormir. Mais l’idée de passer tout droit fait
que je ne dors pas. J’ai regardé l’heure à toutes les heures…Faut dire aussi
qu’hier soir, j’ai regardé une excellente série à la télé sur France 2 sur
« les » libérations des différentes régions de France en 1944 et
1945. Je trouvais que c’était super concept, mon affaire, mais surtout hyper
intéressant. Je n’ai pas eu la chance de prendre le titre en note, d’un coup
que je pourrais regarder ça chez moi. Sauf que j’ai écouté ça un peu évachée
dans le lit, avec la conséquence que j’ai eu mal dans le dos une bonne partie
de la nuit.
6h30, heure de Strasbourg
Je suis descendue avec tout mon grément pour aller déjeuner.
C’est que ça commençait à 6h30. Énéwé j’avais pas tellement faim. Tout me
semblait assez bon, à tout le moins, c’était bien présenté. Il y a plein
d’hôtels sur le demi-cercle en face de la gare. Le mien était tout au bout,
près du hall sud. Si jamais vous vous cherchez un hôtel à Strasbourg,
considérez Le Tandem.
| Je suis contente de savoir que le pain perdu a été retrouvé... |
6h55, heure de Strasbourg
J’arrive à la gare. Je suis accueillie par l’hymne à la joie
de Beethoven! Ça fait plusieurs fois que je passe à la gare et il y a souvent
de la musique classique qui joue dans l’immense verrière. Je ne sais pas si ça
éloigne les robineux ou si ça calme les ados, mais je trouve ça cool.
7h20, heure de Strasbourg
Je suis installée dans le train. Je suis toutrempe d’avoir
charrié mes valises. Non! Que je ne vous entende pas dire que je ne voyage pas
léger! C’est à cause des souvenirs…
Je ne me souvenais pas que j’avais acheté une place en
première classe, quelque part en mai. Je ne vais vraiment pas m’en plaindre ce
matin!
Mon TGV va arrêter à la gare de Lorraine et de
Champagne-Ardennes, avant de m’abandonner à l’aéroport. Il va continuer jusqu’à
Nantes.
7h31, heure de Strasbourg
On part. Hourra! Je vais faire 2h de TGV dans le sens de la
marche! Mais je ne verrai pas grand-chose…
7h34, heure de Strasbourg
On dira ce qu’on voudra, c’est quand même beau, le matin…
7h44, heure de Strasbourg
Le TGV accélère dans la campagne alsacienne. Mautadine que
c’est tripant. Aye, j’irais-tu, moi, à Québec en TGV si je voyais passer
Saint-Hyacinthe, Laurier Station pis Val-Alain à cette vitesse-là? Partez-moi
pas sur la nécessité d’un TGV… En char, ça prend 8h30 faire
Strasbourg>Nantes, à 130 km/h sur l’autoroute. En TGV? 4h30. Faque ça serait
1h30 pour faire Montréal>Québec? Genre que je pourrais aller souper à Québec
pis revenir coucher chez moi… avec des horaires de train qui auraient de l’allure.
Parce qu’actuellement, le dernier train part de Québec à 17h30. Pis ça lui
prend trois heures pour revenir dans la métropole. Bon, il est de bonne heure,
je vais me calmer.
7h48, heure de Strasbourg
Un assez long tunnel qui traverse les Vosges du Nord. J’ai
les oreilles bouchées. Ça déplace de l’air pis ça fait de la pression, un TGV.
8h55, heure de Strasbourg
On arrive en gare de Champagne-Ardennes TGV. Je regarde
l’heure. J’ai l’impression qu’on devrait être sur l’heure du midi. Mais non!
Y’est même pas neuveures! Pis il me reste moins de 30 minutes de train à faire!
J’en aurais pris pour la journée! À quand, Montréal>Paris en TGV?
9h30, heure de Paris (mais c’est la même que celle de
Strasbourg)
J’arrive à la gare TGV de CDG. Y’a un monsieur dans mon
wagon qui voyage avec sa famille (de jeunes adultes) qui est un peu nerveux. Il
s’est levé 15 minutes avant l’arrivée et il a foutu toutes ses valises (ils ne
voyagent pas léger euzautres non plus!) dans la porte. Mais, en arrivant en
gare, ses valises étaient du mauvais côté de la descente du train! Il m’a
offert de descendre ma valise (parce que moi, j’étais du bon côté…) Bah, merci.
9h50, heure de Paris
J’ai réussi à me dégoter un chariot, mais je pense que
j’aurais dû regosser mes valises pour les mettre l’une sur l’autre, comme quand j'ai quitté l'hôtel ce matin. Parce que
j’ai attendu l’ascenseur pendant 15 minutes! Voir que les architectes qui ont
conçu la gare TGV d’un aéroport ont pas pensé que les gens voyagent avec des
valises et des chariots! Y’a des escaliers… mais pour les gens chargés comme
des mulets, c’est salement pas efficace.
Pis en plus, l’ascenseur ne se tend pas au 4e étage, là où
sont les liens vers les différents terminaux. Il faut sortir au 2e et débarquer
ses valises du chariot pour prendre l’escalier mobile. C’est quoi cette
gnaiserie-là? Et on se demande, après, pourquoi les Parisiens (et les Français, plus généralement) sont chialeux.
10h30, heure de Paris
Canne aidant, j’ai passé les douanes et la sécurité avec le
grand monde. Comme j’ai deux heures devant moi, je vais me chercher une place
pour déjeuner, prendre un café et gosser dans mes photos un peu. Je me rends
donc dans la section des portes A. Y’a un Starbucks au début de la section. Il
me semble que je pourrais trouver plus français que ça. Je me rends au bout.
Rien. Y’a RIEN. Tout est fermé ou en refurbichement. Rien, je vous dis.
Oh, un ascenseur qui indique qu’à l’étage, il y a bar, restaurant et toilette.
Bon, il est un peu tôt pour le bar, mais le resto ferait l’affaire. Ben pas
pantoute! Y’a rien. Rien comme dans RIEN. J’ai tout de même visité
la toilette, je ne serai pas montée pour vraiment rien.
Je redescends au Starbucks. Au moins, il y a des tables pour
travailler avec mon ordi. Je me dis que faire un plan de cours pourrait être
une bonne idée, mais ça me tente pas. Je préfère mettre un peu d’ordre dans mes
photos et en mettre sur Facebook.
12h46, heure de Paris
Je me dirige vers la porte A-45. L’embarquement va commencer
à 13h15. Les dames à l’accueil me disent que j’ai le temps d’aller à la
toilette… Je m’enligne vers le bout de la section. Ben câlisse, les toilettes
sont fermées. Euh? Ça vous tenterait pas de le dire avant pour qu’on puisse
profiter des toilettes à l’entrée, à côté du Starbucks? C’est une section de
l’aéroport franchement déprimante.
13h20, heure de Paris
On commence l’embarquement. C’est pas long qu’il fait chaud
dans l’avion. C’est qu’on va être autour de 280 personnes dans cet Airbus 330
d’Air Canada. Si ça vous tente, vous pouvez me partir sur le TGV, mais vous
pouvez aussi me partir sur le bagage de cabine.
13h55, heure de Paris
Le commandant, qui ne parle pas français, vient de nous
qu’on va être poussé bientôt. Ça a l’air qu’on a ben du taxi à faire pour se
rendre à la piste… et surtout, 7h40 dans les airs!!! Viarge. Du vent de face,
de toute évidence, même si on nous annonce un vol calme. Je vais vraiment
devoir me trouver un film ou deux à regarder, mais pour l’instant, la liste ne
m’impressionne pas…
16h40, heure de Paris (parce que mon téléphone est en
mode avion)
La bouffe était bonne: poulet (du blanc, c’est toujours un
peu sec, mais la sauce était bonne!), avec des pâtes et de la ratatouille. J’ai
mangé ça en regardant un film déjà vu: The Darkest Hour, sur le début de la
guerre, vu à travers les yeux de Winston Churchill. L’an dernier, à Londres,
j’avais visité son «war room» et ça m’avait viré à l’envers. Je
connais peu l’histoire britannique et l’importance de Churchill dans tout ça.
Toute une vie au service du Royaume Uni.
Il reste 4h30 de vol.
17h13, toujours heure de Paris
Je ne sais pas ce qui m’a pris, mais je me suis levée pour
aller à la toilette! Il faut dire que je n’y étais pas allée à la réoport avant
qu’on embarque!
18h20, encore heure de Paris
J’ai essayé de dormir un peu. Mouais, par vargeux comme
résultat. L’écran avec toutes les infos sur le vol dit qu’il reste trois
heures, qu’on est au-dessus de l’Atlantique, au sud du Groenland, à 36 000
pieds et qu’on va à 807 km/h. On a vraiment le vent dans la face. Je commence à
avoir hâte qu’on voie la terre. Je vais essayer de lire un peu pour me changer
les idées.
19h33, oui, oui, heure de Paris
Nous sommes au-dessus de Terre-Neuve! Je ne sais pas si
c’est l’absence d’eau en-dessous (il faudra que j’en parle à mes amis pilotes ou
météorologues), mais on va à 885 km/h. Je continue à lire. Très bon livre,
d’ailleurs: La librairie de la place aux Herbes, d’Eric de Kermel. J’ai souvent
les yeux dans l’eau. Pour qui aime lire (et achète des livres), c’est un
magnifique roman… qui donne encore plus le gout de dépenser sa (non) fortune
dans une librairie. Je crois que je vais aller à Uzès un moment donné pour voir
la librairie…
20h55, heure de Paris (mais je sais que c’est 14h55,
heure de Lac-Mégantic que nous survolons)
On a mangé des bretzels aux herbes et au beurre à l’ail,
une petite pâtisserie fourrée au poulet pas ben bonne, mais, surtout, on a
commencé notre descente vers Dorval!
21h17, heure de Paris
On est en approche finale. On vient de passer vis-à-vis la
porte-patio de mon appartement. Le train d’atterrissage est sorti. Ça brasse un
peu. Je viens de voir passer le IKEA par le hublot. J’irai peut-être manger des
boulettes la semaine prochaine.
15h55, heure de Dorval
Vive la canne!!! J’ai court-circuité toute la file des gueux
(sans blague, j’ai dû sauver une heure d’attente… que ma fesse aurait mal
supporté!). Ça fait que je suis devant le carrousel 6 et les bagages ne
sont évidemment pas arrivés!
16h08, heure de Dorval
J’ai mes bagages! Y’a tellement pas de monde autour du
carrousel que c’est sûr qu’ils ont pas passé les douanes encore!!! Vive la
canne.
Vous dire le bordel à l’aéroport, c’est hallucinant. Dorval, ça peut pas ben ben s’agrandir de l’intérieur ni de l’extérieur (c’est qui, l’innocent, qui a choisi de fermer Mirabel?) au moins une heure d’attente pour les douanes, 4 rangées pour donner son tipapier de douane (j’avais rempli ArriveCan, ça accélère les choses!), des amis ou de la famille qui se tiennent dans la sortie (au lieu des cotés - ça bouche la sortie…), une file longue jusqu’au Bangladesh pour prendre le bus 747 et une file longue jusqu’en Ouzbekistan pour le taxi. Ma patience a des limites: j’ai agité ma canne sous le nez du gestionnaire de file et j’ai pu prendre un taxi en 10 minutes. Je ne vous dis pas le prix jusqu’à Laval… mais ça y est. Je suis de retour.
18h20, heure de Laval
Le gazon est tondu, je sue ce qui me reste de vie et je
viens de me caller une pidze. Comme hurlait le feu ti-bonhomme vert:
« Mamaaaaan! C’est fiiniiiiiiii! »
Ce fut une longue journée, j'aime bien ce récit heure par heure ou presque. Est-ce que la nuit a été bonne? Comment ça te prend de jours pour te remettre du décalage horaire? Moi, ça m'a pris une semaine la dernière fois.
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