lundi 29 juillet 2024

Un petit tour en Lorraine

Pour faire plaisir à mon ami Yves, je vous parle de la Seconde Guerre mondiale aujourd'hui!

La ligne Maginot a été construite entre 1928 et 1940, dans la prévision d’une attaque venant de l’est, l’Allemagne genre. C’était essentiellement une «arme» défensive… au cas où ça tentait aux Allemands de s’inviter en France sans y être conviés. C’est, au début, des barbelés et des tours de guet, mais ça devient, par endroit, des tunnels et des tours de combats.

Les lignes bleues représentent les bouts de la ligne Maginot en 1939

C’est drette ça, pourtant, qui s’est passé. Les Allemands ont décidé d’envahir la France au printemps 1940… et la ligne Maginot, qui devait défendre la France, ben… a rien défendu pantoute parce que les Allemands, les petits wises, ont fait le tour, en passant par la Belgique! Après l’armistice, les Allemands se sont installés dans des sections de la fortification, mais ça n’a pas vraiment servi à faire la guerre puisque la «paix» était signée avec la France. Ils vont y revenir un peu en novembre 1944, pour tenter de défendre la Lorraine (et, éventuellement, l’Alsace) des Américains, pour faire qu’ils ne soient pas obligés de reculer. Mais, malgré d’âpres combats dans la région de Metz, les Américains vont finir par gagner ces combats, au prix de nombreux morts. D’ailleurs, le général Patton qui avait mené ces troupes a voulu être enterré dans un cimetière de guerre américain tout près d’ici, au Luxembourg, avec ses hommes… même s’il n’est pas mort pendant la guerre. Le destin a des tournures bizarres parfois: le type est mort dans un accident d’auto, en décembre 1945, alors qu’il circulait en Allemagne. Tu parles d’une affaire plate, toi: survivre à la guerre, mais mourir dans un accident d’auto quelques mois plus tard. Mais je m’égare, je m’égare.

Aujourd’hui, il reste des grands bouts de la ligne Maginot, entre la Manche et la fin de l’Alsace, souvent entretenus par des associations de bénévoles. Je suis allée voir le plus gros ouvrage qui reste, le fort du Hackenberg, en Lorraine (près de Metz).

La patente est immense: 160 acres de terrain et plus d’une dizaine de kilomètres de couloir. Il fait 12o en permanence. Et, évidemment, c’est super humide. Au bout de ces couloirs, des blocs de combats qui pouvaient tirer à 360o. À l’intérieur, un monte-charge, des espaces pour stocker munitions et nourriture, du matériel pour filtrer l’air ambiant, des cuisines, un espace sanitaire pour les soins dentaires et les différentes chirurgies, des lits (on ne parle pas de chambre, évidemment!).


En entrant...


On l'a trouvé très drôle, celle-là. Crier «au feu» s'il y a le feu.

La devise de la ligne Maginot

En décembre 1939, Winston Churchill et le roi Georges VI étaient venus visiter, question de voir si la France pouvait se défendre… ou si c’était possible (et utile) d’importer le concept en Angleterre.

On a marché environ 600 mètres sous la terre, entre 40 et 100 mètres de profondeur. Les tunnels sont au niveau, c’est la terre par-dessus qui n’est pas égale: il fallait, à l’époque, que les soldats puissent voir au loin. Cette section de la ligne Maginot est donc sur le dessus des collines lorraine.

Les différentes salles ont été «rénovées» pour montrer la vie dans ce bunker, mais aussi pour montrer des artéfacts de la guerre.




Ça m’a viré à l’envers de voir tous ces journaux de 1938 et 1939 qui annonçaient des évènements qu’on saura importants pour la suite…


 

  

 

Pour se déplacer d’une section à l’autre, les soldats marchaient. Mais nous, on a pris un petit train mû à l’électricité pour aller voir deux des blocs de combat, les numéros 8 et 9. Tout fonctionne à l’électricité… alimenté au diésel. Quatre groupes électrogènes sont nourris par l’extérieur. 

Les bénévoles (d’autres tripeux) ont réparé et entretiennent une tour de combat (évidemment vidée de ses obus). On l’a vu d’en bas, là où les soldats mettaient le stock à tirer…

… et on l’a vu d’en haut, au niveau du sol.  La patente tournait pour aligner son canon puis tirait, sans trop savoir où il tirait. Des observateurs, postés dans d’autres tours, indiquaient approximativement le degré (sur 360o) où pointer le canon, puis donnaient l’information par téléphone aux tireurs. Faque c’était approximatif… L’important, c’était que ça fasse des dégâts.

J'ai été impressionnée du territoire autour des fortifications...

La tour de guet qui communique les informations
À l'époque, il n'y avait pas d'arbres!... (on voit deux autres tours de guet)


C'est-tu pas du beau béton armé, ça?

Sur une note étrange, au début de la visite, il nous a demandé d’où on venait pour nous connaitre (il s’en est quand même servi pour faire des jeux de mots…). J’ai été une des dernières à me présenter (tous les autres visiteurs venaient de France). Quand j’ai dit: «Montréal, au Québec», tout le monde a fait «Oooohhhh!!» et a applaudi en chœur. Ah?

Sur une note plus triviale, le guide, Salvatore (pas pantoute un prénom français!), était un peu con. Il nous a donné beaucoup (mais vraiment beaucoup!) d’informations, mais il faisait des jeux de mots un peu con. Du genre qu’il a déjà rencontré la sœur de Jacques Brel, une chanteuse du prénom de Francisca. Donc, «Franciscabrel». Ou bedon qu’il a déjà eu une amie écossaise mais que la relation n’a pas duré parce qu’il craignait que le «corps ne m’use».  Des comme ça, on en a eu, sans blague, une trentaine en 2h30 de visite. Y'a des Français qui se sont excusés auprès de moi...😏

J’ai vraiment adoré mon après-midi dans la terre lorraine. Mais je suis toujours troublée de voir les vestiges de la guerre, une patente où les gens se tapent sur la gueule.

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