mercredi 14 août 2024

Un tour de Rhin

J’avais envie de voir des affaires – à l’air climatisé! – et le Rhin m’appelait. Pas que j’avais envie de me sacrer dedans, mais pas loin. D’ailleurs, hier, c’était le Basler Rheinschwimmen à Bâle. À 18h, hier, plus de 5000 baigneurs se sont sacrés dans le fleuve. Party! C’est tellement capoté! Les gens mettent leur linge dans un sac étanche (un souvenir de Bâle qu’on se rapporte) et on se jette à l’eau avec son sac. C’est logique. Si on descend 500 mètres de fleuve, ça serait le fun d’avoir son linge quand on ressort de l’eau, sans avoir à remarcher en sens contraire. Sont brillants de même, les Chuisses. Avec le courant qu’il y a là-dedans, même si j’adore être dans l’eau, j’aurais sans doute passé mon tour. Mais peut-être pas.

Aujourd’hui, j’ai plutôt eu envie de voir le Rhin. Alors, de Ottmarsheim à Geispolsheim, j’ai longé le fleuve, en traversant deux fois en Allemagne: à Breisach-am-Rhein (que les Français appellent Vieux-Brisach pour l’opposer à Neuf-Brisach en France) et à Gerstheim. Tout ça sans avoir recours à Gougueulemappe, oui mes amis.

À Breisach-am-Rhein, une vieille église, la Munster St.Stephan (St-Étienne en français), sur le dessus d’une petite colline. Une affaire historique, évidemment.  L’église a été construite entre les 12e et 15e siècles. Elle a été sérieusement endommagée pendant la Seconde Guerre mondiale, mais la population a réussi à sauver les œuvres d’art qui étaient à l’intérieur. Ouf. La vue d’en haut sur le Rhin est magnifique. Avec l’orage qui s’en venait, c’était encore plus weird.







Moi, j'aimerais beaucoup habiter cette maison avec cette terrasse et cette vue...

À Gerstheim, c’est l’affiche d’une écluse qui m’a interpelé. Quoi? Une autre? Je me rends compte qu’il y a tout plein de barrages électriques et un bon paquet d’écluses le long du Rhin. C’est qu’il y a douze écluses le long des 1200 km, et les barrages qui sont à côté font de l’électricité. Fouillez-moi, mais moi, je trouve ça fascinant.

Pis, le long de la N-52, des arbres, un fleuve, des arbres, un fleuve. Des villages. Des industries. Un stationnement d’automobiles prêtes à partir on ne sait où. Un peu d’Allemagne. Un peu de France. Le Rhin à droite (quand je suis en France). Le Rhin à gauche (quand je suis en Allemagne). Le retour à Geispolsheim.





Je me suis tout à coup ennuyée d'Azarius!




 

mardi 13 août 2024

Deux crampes au cerveau...

Hier soir, je faisais l’inventaire de mes photos dans le but de choisir les ceuzes que je vais mettre dans mon album « France 2024 ». Pis là, je vois cette photo, prise à Riquewihr.

Ben, c’est ça que je vais faire demain: diner au jambonneau à la taverne alsacienne de Riquewihr. Pis on verra pour après.

Faque ce matin, petit déjeuner (dans le sens de pas gros) et je suis partie pour Riquewihr sans regarder ma carte et sans demander à Gougueulemappe. Je suis incrustée, je vous l’ai dit. Et à Riquewihr, je retrouve ma taverne et mon jambonneau, avec une sauce au Munster. C’était juste tellement bon! J’en aurais mis dans mes valises! Mais j’avoue que je préfère la sauce à la moutarde. Je fais quelques photos parce que la place est ben belle tout en suant ma vie.

Comme Riquewihr n’est pas très loin de Colmar, je mets le cap sur la gare: il y a un bureau de Avis, location de char. Parce que j’ai reçu ma facture de ma location en Normandie avec un solde de 11,65€. Pis on dirait que Avis ne veut pas se payer. Je voudrais pas être sur la liste noire de Avis à cause de 15 piasses. Faque je vais aller régler ça.

Évidemment, je suis dans une gare, alors que pensez-vous que j’ai fait? J’ai fait comme je faisais à Lille: je regarde où va le prochain train et j’y vais! C’est comme ça que j’avais découvert le Noooord (dit avec l’accent de Michel Galabru dans Bienvenue chez les Ch’tis): je partais de l’université, je prenais la ligne 1 de Pont-de-Bois à Gare, et là, au lieu de prendre la ligne 2 (qui s’appelait 1 bis, à l’époque parce que sa construction n’était pas terminée!), je montais en surface pour voir le panneau de départ des trains. C’est comme ça que j’ai visité Arras, Douai, Hazebrouck… et Bruxelles, où j’allais manger des moules sur la rue des Bouchers. Je prenais le train, je me promenais un peu en ville, je soupais, je reprenais le train pour Lille et je revenais coucher chez moi! J’ai tellement aimé ça, cette façon de découvrir ma région! Alors, rebelotte aujourd’hui. Le prochain train part pour… Nancy. 1h30 de TGV. Je vais arriver en ville vers 17h. J’ai un train de retour (un TER, pas un TGV) à 19h54, avec une correspondance à Strasbourg!… mais je vais devoir continuer jusqu’à Colmar et revenir sur mes pas en char! C’est ça, les effets de décisions prises sur le fly. C’est tellement sur le fly que mon billet n’était pas encore acheté (j’attendais le code de vérification sur mon courriel - j’ai fini pas régler mes affaires avec Visa Desjardins), j’étais dans le train et on partait!

J’ai bien ri du message du chef de cabine en arrivant à Nancy: « Votre valise a peut-être des roulettes, mais elle ne vous suivra pas toute seule. Ne l’oubliez pas dans le train. »

Et v’la-tu pas que je débarque à Nancy (vous dites bien Nancy pas Nainecy). Il fait 8000 degrés et plein soleil. Pis en plus, y’a pas d’arbres sur la splendide place Stanislas. Le sol a beau être blanc (et super glissant!), fait chaud en tipépère. Je sue ma vie.

La place de la gare
La place Stanislas
La place Stanislas
La place Stanislas

La gentille fille au bureau de tourisme me dit qu’il y a un titrain touristique et que sa dernière ronne est à 18h. En espérant qu’il y ait au moins 6 personnes, le nombre minimal requis pour partir. Je sais pas si c’est la chaleur (les gens sont à boutte de marcher), mais on devait être une grosse vingtaine de personnes à vouloir se faire raconter la ville sans marcher. Le tour dure 45 minutes. Parfait. Je serai de retour place Stanislas vers 19h, à temps pour marcher et me liquéfier jusqu’à la gare, en ayant vu l’essentiel de Nancy.

Faque c’est ça, l’essentiel de Nancy:

 

Il fait 32 à 17h50... (et un ressenti de 36).


Beaux bancs ben désign... mais l'aluminium, quand il fait 32, c'est de la marde!
C’est pas un TGV qui me ramène en Alsace, c’est un vieux train qu’on appelait Corail, dans le temps. Parti de Paris-Est, il a ramassé (ou dompé) du monde à Nancy, à Luneville, Sarrebourg et Saverne avant de tous nous domper à Strasbourg. En plus, je me suis fait tirer… mais comme vous le voyez, j’ai survécu.

C’est pas la même faune qui se promène en train le soir. Il y avait quelque chose de tripant à attendre le train sur le quai, alors qu’il fait noir (il fait encore chaud) et qu’il vente un peu. La gare est vraiment plus tranquille, le ronronnement des trains qui attendent pour partir (ou pour faire dodo) est plus audible que d’habitude. 

26 degrés à Strasbourg, à 21h52...

Je le savais déjà: je suis faite pour l’Europe. Dans une autre vie, je devais être une noble ou une bourgeoise qui voyageait en première classe.

D'heure en heure

Parce que c’est un genre de tradition, v’la le déroulement de cette longue journée de voyagement… 5h40, heure de Strasbourg Je me lève...