9h
Je me lève. Dernières tâches de ménage en vue de l’arrivée des Français: changer les draps, coup de guenille dans le congélateur vidé, plaçage de serviettes après la douche, fermage de climatiseurs, achetage de e-sim pour utiliser mon téléphone de l’autre côté… J’ai réussi à faire tout ce qu’il y avait sur ma liste depuis trois semaines. Tout? Presque. Je n’ai pas tout mangé mon stock congelé, alors Mic et sa gang vont en hériter. Comme Lise, ma gentille voisine, va hériter du reste du fridge. C’est comme ça.
12h
Je pars de chez moi après un dernier coup d’œil. Tout a l’air sous contrôle.
Je fais un stop à mon garage: ma voiture y est pour les trois prochaines semaines pour une tite réparation et des pneus neufs. Monsieur Gaby va s’en occuper… jusqu’à ce que Mic aille la chercher et la gare chez moi en vue de l’arrivée des Français. J’ai réalisé, hier, que je n’avais pas mis le bon enregistrement dans le coffre à gants. D’où le petit détour par le garage. 🚙 C’est fou comme c’est de la petite organisation à la tonne, faire un échange de maison. Mais comme j’adore la formule (et que je suis entourée de monde extraordinaire), j’échange… Mine de rien, c’est mon 16e échange.
15h30
On quitte Laval. Il pleut à boire debout. La 440, ça va. C’est sur la 13 sud que ça s’est gâté. Pas la 13 en elle-même, mais la 40. Avec des répercussions.
16h30
Michaël me dompe sur le trottoir à la pluie battante, en face de l’entrée pour Air Canada International. J’ai à peine quelques pas à faire dehors, mais je suis trempée. Les restes de Beryl. Heureusement, il ne vente pas. Le vent et la pluie, c’est pas le fonne pour faire décoller un avion.💦
17h12
C’est vraiment allé trop vite!!
À peine entrée dans l’aérogare, je me dirige vers les guichets d’Air Canada pour avoir mon tag de valise, compte tenu que j’avais déjà enregistré mon corps hier soir. Un gentil monsieur vient vers moi et me donne rapidement un coup de main: en deux temps twa mouvements, le tag est après ma valise et il m’accompagne pour la domper sur le tapis. Ça y est: ma valise est partie vers les entrailles de YUL. J’espère évidemment la retrouver saine zé sauve à CDG. Je m’enligne pour passer la sécurité et, pour cause de canne, je court-circuite la plèbe. Je n’ai pas vraiment besoin de ma canne (sauf si je reste debout immobile longtemps), mais comme c’est un sésame qui ouvre tout, je veux bien m’empêtrer dans ma canne un peu…
Faque il est 17h12, je suis assise à une table du bébé resto YULpizza et j’attends.
18h30
J’ai reçu quatre courriels d’Air Canada pour me dire que malgré la pluie abondante, mon vol est toujours prévu pour 21h10. Et là, un texto pour me dire que la porte a (encore) changé. Je devrais prendre le Airbus 330 de la porte 66. On verra. Il leur reste encore pas mal de temps pour changer d’idée.
19h44
C’est un peu le bordel. À cause du déluge, certains vols sont arrivés en retard… et d’autres partiront donc en retard, et d’une autre porte. Mon vol est toujours prévu à 21h10.
Évidemment, mon vol est annoncé ben plein, faque la madame demande au micro à des volontaires de faire enregistrer leur bagage à main pour le mettre en soute.
À côté de moi, un petit garçon d’à peu près 3 ans joue par terre avec un petit camion. Il a déjà son pyjama. Je me demande s’il a fait pipi (ici, Lise, Michaël et Émilie vont comprendre).
En face de moi, un père français engueule sa fille de 10 ans parce qu’elle ne lui a pas apporté la bonne boisson du Starbucks: « tu aurais pu m’appeler!
Tu t’assois ici, tu te tais et tu ne bouges plus! » Le père s’est éloigné un peu et la fillette m’a regardé d’un air désolé. Je lui ai fait un grand sourire qui l’a sans doute un peu réconfortée. Le père est revenu et s’est adressé à elle comme si de rien n’était. Et toute la famille regarde son téléphone.
Une petite famille a investi le piano à queue dans le milieu de la place. C’est doux, le piano.
À la porte 64, à côté, les passagers pour Barcelone veulent tous embarquer dans l’avion avant tout le monde. Ça doit faire 5 fois que le pauvre type au comptoir leur demande de respecter l’appel des zones.
La réoport permet vraiment de faire des observations anthropologiques fascinantes.
20h22
On nous annonce un léger délai pour l’embarquement, l’avion étant arrivé il n’y a pas si longtemps et l’équipe de nettoyage étant encore à l’oeuvre. Une quinzaine de minutes qu’elle dit.
Pis je viens de voir passer l’équipage. Mon dieu que c’est beau, des hommes en uniforme avec des tites barres jaunes sur l’épaule!✈️ Je suis quand même contente de ne pas avoir à prendre un petit autobus pour aller dans le milieu du champ où sont parqués des Air Transat!
20h37.
On commence l’embarquement. Encore une fois, ma canne ouvre le sésame. Sauf que des vérifications de sécurité doivent être faites: j’ai entendu dire qu’un type qui n’avait affaire là était sur la passerelle. J’ai donc vu passer un beau monsieur (décidément) avec un uniforme de police de l’aéroport. Il pleut encore dehors. On annonce aussi de la pluie à Caen pour jeudi et vendredi, et 20 degrés. L’été normand. 🤷🏼♀️ Le délai ne me dérange pas, même si ça fait 4h30 que je niaise à la réoport. Je suis une boule de patience, surtout quand je n’ai pas un autre vol après, ce qui est le cas. Plus on part tard, plus je vais avoir envie de dormir dans l’avion, et plus je vais arriver tard à Paris! C’est d’une logique implacable. Alors, je n’aurai pas à niaiser à Caen en attendant mon Airbnb!
20h57.
Ça y est: je suis au 47A. J’attends que l’avion se remplisse. Ça va être long: je suis entrée la toute première (oui, oui, même avant les riches de la bizness).
J’ai regardé la liste des films. « Kanaval » m’intéresse. Mais peut-être pas à minuit.
21h04
Alors que l’avion se remplit tranquillement, je reçois un texto qui dit que le départ est retardé à 22h10 (une heure de retard…) à cause d’une réparation à faire sur l’avion. C’est correct, j’aime mieux attendre!
21h24
Un pneu!!! Ils doivent changer un pneu avant qu’on parte!!! Remarquez que je préfère ça à un atterrissage dangereux à Paris. Pis ça prend… une heure pour changer un pneu de Airbus 330. Z’auraient peut-être avantage à prendre des cours auprès des changeux de pneus des formules 1 qui en changent 4 en moins de 5 secondes!
L’avion est bardassé d’un bord pis de l’autre… et, comme mon voisin, je joue à Trivia. C’est pas les mêmes questions que chez Air France (que j’avais pris en mai)!
22h
Le commandant nous jase ça un peu en attendant en nous annonçant de la turbulence au départ. Je m’y attendais, genre.
22h15
Le chef de cabine, Francis, nous fait le petit speech de départ. M’est d’avis qu’on va partir… d’autant plus que l’avion est repoussé de son parking!
On se reparle demain!