mardi 16 juillet 2024

Char-Train-TER-Char

C’est ça que j’ai fait aujourd’hui. Quelque chose comme huit heures (ou douze, c’est selon) de voyagement entre la frette Normandie et la chaude et humide Alsace.

D’abord, 150 km entre mon hôtel IBIS de Val-de-Reuil et l’aéroport Charles-de-Gaulle où je dois rendre ma voiture de location. J’aurais pu faire ça plus vite en prenant l’autoroute A-13, mais comme c’est une autoroute à «flux libre» (je vous jure, ça ne s’invente pas une expression pareille!), je suis un peu dans la marde pour payer.  Le flux libre, c’est qu’on n’arrête pas pour payer avec une carte ou de l’argent à un poste de péage. Il y a des preneux de photos automatiques, on va sur le site dans les 72 heures pis on paye. Si on paye pas, on nous envoie une facture pis on est sur la liste noire…

J’ai essayé, en arrivant à Caen, de payer sur le site pour ma ride entre Paris et la Normandie, mais mes deux fournisseurs de cartes de crédit ne m’autorisent plus à faire des achats en ligne. En fait, ma Visa RBC m’offre, comme contre-vérification, de me texter ou de m’appeler. Mais c’est que je n’ai pas accès à mon numéro canadien pendant que je suis ici (ma e-SIM ne me donne que des données). J’ai déjà communiqué avec RBC pour leur faire part de cette limite très gossante, mais ils ne pouvaient rien faire, le système est faitte de même. Heureusement, j’ai une deuxième carte de crédit qui, jusqu’en mai, m’offrait de m’envoyer un code de vérification soit par texto (ça ne fonctionne toujours pas) soit par courriel, ce qui fonctionnait. Sauf que là, je ne sais pas pourquoi, ce choix n’existe plus et mes paiements en ligne sont systématiquement refusés. C’est crissement gossant. Faque j’ai trouvé un bureau de tabac pas trop loin de Caen où aller payer les 6,50 euros que m’a couté ma ballade sur l’autoroute A-13. Faque c’était clair que ce matin, je n’allais pas trouver un café pour re-payer ma nouvelle ballade d’autoroute du jour, en arrivant à l’aéroport. J’ai donc décidé de prendre la ronne de lait. C’était sans aucun doute beaucoup plus beau même si ça m’a pris 2h au lieu de 1h30.

Pour votre info, j’ai pris contact avec Desjardins pour essayer de régler mon affaire… et ça ne se gère pas, pour l’instant. Et j'attends à la gare TGV de la réoport.


Deuxième déplacement: pas loin de 500 kilomètres entre la réoport de Paris et Strasbourg, en TGV. Départ: 14h59 (je me demande pourquoi pas 15h). Qu’est-ce que j’aime ça, me promener en train, je vous l’ai déjà dit. Surtout à 250 km/h. Mais ce que j’haïs, c’est d’être dos au sens de la marche! Je déteste me faire tirer. J’ai dû endurer ça pendant deux heures. On a fait un premier stop à Marne-la-Vallée-Chessy; jusque-là, j’étais de face. 


Notre train s’est séparé en deux: une moitié est partie pour Marseille et ma moitié s’est enlignée sur Strasbourg. Et c’est à partir de ce moment que j’ai été tirée. J'haguis ça, mais je souris pareil.

 


 

Deuxième arrêt: Champagne-Ardennes.

Troisième arrêt: Lorraine-TGV

 

Dernier arrêt: Strasbourg. 17h37.

J’aurais aimé acheter mon billet de TER (le train régional) sur le site de la SNCF pour Geispolsheim en ligne, pendant ma ride de TGV, mais, si vous me suivez bien, je n’ai pas pu… Faque aussitôt débarquée du train en provenance de Paris, je me suis garrochée sur une machine pour avoir un tiquette. Facile. C’est un peu con, au fond. Je ne peux rien acheter en ligne, mais je peux me servir du sans contact sans problème… Je vais survivre, ne vous inquiétez pas. C’est juste salement chiant.

Sur le quai 6 de la gare de Strasbourg, j’ai écrit à Anne et Laurent, mes échangistes strasbourgeois, pour leur dire que j’étais pour être à leur gare à l’heure prévue. On va jaser un peu, puis je vais repartir de là avec leur voiture pour le reste de mon séjour.

Faque petite jase terminée, j’ai pris la Prius hybride et j’ai foutu le camp vers Ottmarsheim, non sans avoir mis la main sur les boites de gaufres Meert que j’avais fait livrer au bureau de Laurent! J’ai aimé ma randonnée de char hybride sur la A-35. C’est un char que j’avais regardé pour acheter, il y a quelques années. Je ne voudrais pas d’un char électrique (je n’ai pas de prise à la maison – je stationne dans la rue – et il n’y en a que deux au cégep. Pis énéwé, le cégep, ça achève…), mais je voudrais bien d’une voiture hybride. Faque l’hybride m’a amené en banlieue de Mulhouse, non sans faire un stop dans un dépanneur de station-service (il me fallait acheter de quoi souper et de quoi déjeuner demain matin avant d’aller dévaliser un Leclerc ou un Carrefour – je sais que Christian va être jaloux!)

Remarquez: on voit la vitesse à laquelle je vais imprimée dans le parebrise. Je trouve ça vraiment weird.

La Suisse n'est vraiment pas loin...

Je suis installée au 2e étage d’un garage, dans le fond d’une cour. Ils ont bien aménagé ça, Patrick et Carine. L’art de rentabiliser son garage.




Demain matin, pas de cadran! Je dors.

lundi 15 juillet 2024

Restants de Normandie

Dernière journée en Normandie. C’était un petit détour pour aller voir David me parler du Débarquement de Normandie, dans un musée que je connaissais déjà… J’ai donc profité de mes dernières heures normandes pour aller me faire voir ailleurs.

Premier stop, sous la pluie (on est en Normandie, après tout): l’aéroport de Caen-Carpiquet. Je l’imaginais petit (c’est quand même un aéroport régional), mais au moins, il y avait une place pour prendre un café (je ne me remets toujours pas du désert de commerce à l’aéroport de Chicago).


Deuxième stop : Arromanches. J’y étais déjà allée, mais David m’a dit que le nouveau musée du Débarquement en valait la peine. Oh que oui. Arromanches a été le lieu de débarquement des Britanniques, le 6 juin 1944. C’est aussi dans la baie qu’ils ont fait couler des bateaux et installé des caissons pour «casser» les vagues pour installer, par la suite, un port artificiel et des ponts flottants qui allaient permettre de débarquer du matériel militaire à la tonne. Il en reste dans l’eau (avec des bateaux coulés) et on les voit bien, à marée basse. Je suis franchement impressionnée du génie militaire dans ces conditions de créations vraiment pas évidentes… Les ingénieurs sont allés en Écosse pendant un an pour essayer de construire des caissons et des ponts mobiles parce que la mer, en Écosse, ressemble à celle de Normandie.


Serez-vous surpris si je vous dis que les Britanniques ont vraiment pris le temps d’installer toutes les pièces des caissons et des ponts, une fois la plage normande sécurisée, et que les Américains qui devaient installer le même stock à quelques kilomètres ont fait ça « vite », avec la conclusion que les ponts n’ont pas survécu à une tempête, le 20 juin 1944? Ouan. Je ne suis tellement pas surprise de la hâte des Américains, quitte à botcher la job.

Les caissons, le port artificiel et les ponts n’ont servi que quelques mois (mais quels mois, quand même!) durant l’été 1944. Après, ce n’était plus nécessaire parce que la bataille de Normandie avait été gagnée et que les troupes étaient rendus en Belgique et aux Pays-Bas. Alors, tout a été démantelé (l’acier a été récupéré) et ce qui était en béton a été en partie coulé.

J’ai profité de cette petite visite pour diner (à l’heure où les restos sont ouverts!). De splendides moules à la crème. Et, pour dessert, une crème glacée vanille et pacanes (noix de pécan, qu’on dit ici). Ça ne valait pas la crème glacée d’Ernest, à La Rochelle, mais ça se défendait.



Troisième stop: le musée du Radar. À Douvres-la-Délivrande, à quelques kilomètres à l’intérieur des terres, entre Courseulles-sur-Mer et Ouistreham (les plages canadiennes et britanniques). C’était, jusqu’en 1944, le radar le plus puissant et le plus efficace de l’armée allemande, à l'époque: un Würzburg.

Si le village a été rapidement libéré, les bunkers liés au radar ont été beaucoup plus difficiles à prendre. C’est au prix de combats acharnés des Britanniques et des Canadiens qu’il est tombé, après plusieurs jours. 


Un peu d'humour britannique... «changement de propriétaire...»

C'est lui, le Würsburg!

À la fin de la bataille de Normandie, l’endroit était tellement sécuritaire qu’il a servi de «banque» pour quelques mois où on a entreposé des francs français, des francs belges, des marks allemands, des florins hollandais et des couronnes danoises, à la fois pour payer les soldats, mais aussi pour qu’il reste de l’argent en papier, quelque part, pour éviter l’effondrement de certaines devises.



J'ai repris la route normande pour m'approcher de Paris où je dois rendre ma voiture demain matin, avant de partir pour l'Alsace.









Je suis installée dans une minuscule chambre à l’hôtel IBIS entre Rouen et Paris. Pas de place pour changer d’idée. J’écoute distraitement le spectacle de la flamme olympique à Paris (la vue sur la ville prise par les drones est splendide). C’est rempli de monde sur la place de la République, je ne connais aucun des artistes qui se produit sur scène… Santa? Chanteuse inconnue au bataillon. La chanteuse Jain est particulièrement intéressante, même si elle chante en anglais. Une heure de spectacle juste à elle. Eddy de Preto, ça va. Je connais le nom, mais pas les tounes. Surtout qu’il n’en a fait que trois. Et après? Offenbach! Pas le même que je connaissais, mettons. Des DJ qui font du tapage, je dirais. Mais tout le monde a l'air de les connaitre.

D'heure en heure

Parce que c’est un genre de tradition, v’la le déroulement de cette longue journée de voyagement… 5h40, heure de Strasbourg Je me lève...