jeudi 25 juillet 2024

Ne pas savoir quoi faire de son corps

Hier, à l’office de tourisme de Colmar, je me suis acheté un billet pour un genre d’excursion sur la route des vins d’Alsace, à partir de Colmar, justement. Un genre de hop on hop off, mais dans la région. Le bus passe tourne en boucle dans les villages de la route des vins, ce qui fait que chaque arrêt dure à peu près 1h30. Sa boucle, en ordre: Colmar, Ribeauvillé, Hunawihr, Riquewihr, Kaysersberg, Turckheim, Eguisheim et retour à Colmar.

Alors, qu’ai-je fait de mon corps, pendant cette journée d’excursion où je ne décide pas trop des heures?

6h45
Ce matin, je me suis réveillée avec mon bord de mer sur ma tablette à l’heure des poules… parce que j’avais rendez-vous à la gare de Colmar à 8h15, aussi bien dire au milieu de la nuit, moi qui ai repris, avec le plus grand plaisir, mon air naturel de me coucher entre 1h et 2h et de me lever entre 9h et 10h (surtout qu’à 9h - donc 3h heure montréalaise – c’est des reprises de Réfléchir à voix haute avec Jean-Philippe Pleau; alors, même si je suis réveillée, je niaise au lit pour écouter l’ami Pleau. C’est toujours tellement bon).

 7h30
Je pars de mon petit studio au-dessus du garage chez Carine et Patrick. Il fait soleil, mais 15 petits degrés. Ça va se réchauffer. C’est juste qu’à cette heure-là, ça prend une petite laine, ce à quoi je ne suis évidemment pas habituée!

8h15
Je suis à la gare de Colmar, premier stop du bus Kutzig. J’ai un plan: Ribeauvillé, Hunawihr, Riquewihr, Kaysersberg, je passe par-dessus Turckheim, et Eguisheim. Je trouve que c’est beaucoup, mais je devrais y arriver… Sauf que le bus est parti en retard, parce que deux Anglais n’arrivaient pas à changer la langue de l’application et le chauffeur ne savait pas comment non plus. Il a dû téléphoner au bureau…

Plan A : 9h05 à 10h35 à Ribeauvillé et 10h35 à 12h05 à Hunawihr
Plan B : 9h25 à 12h05 à Ribeauvillé
On arrive à Ribeauvillé. Mon plan était de faire un tour de train touristique (allons donc!), sauf que le premier départ est à 10h. Je me suis mise en quête d’un café en attendant, ne sachant pas trop quoi faire de mon corps et en me disant que ce que je voyais de la ville était franchement ben beau.

Le tour de train s’annonce à 10h. À 9h50, on n’est que 4 (ce n’est pas assez…), mais d’autres touristes sont arrivés, si bien que le petit train a pu partir. Ce que je ne savais pas, c’est que le train touristique va à Hunawihr, là où je voulais aller avec le bus. Faque je vais rattraper mon plan A malgré moi.






Mautadit que c’est beau, ce coin-là. Parce que la ville est belle (c’est plein de vieilles affaires) et qu’il y a des vignes tout autour. On dira ce qu’on voudra, c’est beau, des vignes. C’est droit, c’est en pente (parce que la région est fort vallonneuse) et ça va donner du bon jus de raisin.

Le petit train nous amène «dans» les vignes jusqu’à Hunawihr. Oh que je suis contente d’avoir pu faire ça en titrain au lieu d’en bus, parce que le village est minuscule et ça aurait été long, passer 1h30 dans ce village perdu, fut-il entouré de vignes. Y’a même pas de restaurant. Y’a un lavoir public pis une belle église, c’est toute.





On revient donc à Ribeauvillé, il est presque 11h. Le bus est à 12h05. Qu’est-ce que je fais de mon corps pendant tout ce temps? Je me suis trouvé une dégustation de vin d’Alsace. Je me disais que ça prendrait toujours ben moins que 50 minutes! J’ai gouté trois vins: un Pinot gris, un Riesling et un Sylvaner (j’avais vu un Gewurztraminer hier). Bon, préparez vos égouts, c’est pas ben bon. Faut dire que je tripe pas vraiment sur le vin blanc, faque ils pourraient faire un effort pour rendre ça buvable, les gens du vin d’Alsace?

 


Je ressors de chez Sipp, il reste 25 minutes avant l’arrivée de l’autobus. Qu’est-ce que je fais?

Aucune idée si j’ai le temps d’aller par là ou par là… Si je marche vers le «haut» du village, je dois marcher pas plus que 10 minutes. Mais pour voir quoi? Errer? Je ne sais pas quoi faire de mon corps. Alors, j’erre. Mais je ne veux vraiment pas manquer le bus de 12h05, alors je suis à l’arrêt à 11h55.

Plan A : 12h20 à 15h20 à Riquewihr
Plan B : 12h20 à 15h20 à Riquewihr
Encore une fois, je voulais faire un titour de train touristique, mais à 12h20, le tour de midi est parti et il n’y en a pas à 13h, le chauffeur est parti diner. Je vais devoir prendre celui de 14h. Ça me va: j’avais prévu passer «deux périodes» à Riquewihr parce que j’ai lu dans mon guide Michelin que c’est ben beau, pis que c’est en plus l’heure du diner.

Alors, je me trouve à manger dans un Wistub, une espèce de brasserie où on sert de la bouffe intense… Je n’allais toujours ben pas prendre encore une tarte flambée pour une troisième fois. Que nenni. J’ai opté pour le jambonneau-frites. Oh my god. J’ai failli perdre sans connaissance quand la chose est arrivée en me disant que je ne mangerais jamais (mais jamais) tout ce qu’il y avait dans mon assiette. Je n’ai évidemment pas mangé tout ce qu’il y avait dans mon assiette, mais bazwell que c’était bon! Je ne sais pas trop comment ils le cuisent, ledit jarret, mais j’ai vraiment regretté de ne plus avoir faim. C’était un peu salé (je me suis dit que j’allais me chercher à boire tout l’après-midi), mais j’en reviens pas encore comment c’était bon. Avoir été une Américaine, j’aurais demandé une box…


14h. Le train est là, on peut faire la visite. Là encore, c’était vraiment chouette de pouvoir aller plus loin avec le titrain que je ne l’aurais fait à pied. Noway que je serais montée dans la montagne pour aller voir le village d’en haut. Mais avec le titrain, oui m’sieudame. Pis maudit bazwell que c'était beau. Le village, les vignes, le paysage, toute.



Le train revient en ville à 14h45. Le bus est à 15h20. Qu’est-ce que je fais entre les deux? Je ne sais pas quoi faire de mon corps. Je suis allée à l’arrêt. J’ai écrit deux cartes postales. Mais il fait chaud. Je reviens en ville pour me trouver une Orangina. Que j’ai calé. Je suis retournée à l’arrêt d’autobus. J’ai écrit deux autres cartes postales. Oh, tiens, une boite à lettres au bout de la rue. Je traine ma carcasse suintante jusque-là. Je reviens. Le temps finit par passer et le bus arrive.







Plan A : 15h20 à 17h05 à Kaysersberg
Plan B : 15h20 à 17h05 à Kaysersberg
Pour l’instant, ça tient ma patente. Je m’arrête à Kaysersberg. Là, pas de tour de titrain. Y’en n’a pas partout (y’en a même pas à Mulhouse, c’est pour dire). C’est un village beaucoup moins touristique que les deux autres, mais aussi beau. Sauf qu’il a été reconstruit après la Seconde Guerre parce que salement bombardé (ce qui n’était pas le cas de Ribeauvillé et de Riquewihr).

Le village est, encore une fois, franchement charmant. J’ai marché jusqu’au bout et je suis revenue par un autre chemin. J’ai fait quelques achats locaux: un petit souvenir pour Florie (j’en avais déjà un pour Léon), un biscuit en pain d’épice en forme de bretzel et… de la confiture d’asperge (oui, oui) pour un de nos soupers de pauvres (avec Michaël, Émilie, Julie et Jérôme… bon, y’a aussi Florie et Léon, mais ils n’ont pas ben le choix de ce qu’ils mangent!). J’avais vu l’affiche dans la vitrine comme quoi ils avaient gagné le deuxième prix de la confiture d’asperge, alors ça m’a attiré. Comme c’est une patente weird, ils en font gouter. Avec du foie gras ou du fromage, ça va être décadent mes amis. Préparez-vous. Et oui, ça goute les asperges. Quant à savoir si ça être odorant dans les toilettes, la petite bouchée que j’ai pris dans l’après-midi ne s’est pas particulièrement manifesté quand je suis rentrée chez moi…











Encore une fois, j’ai du temps à perdre avant l’arrivée du bus, à 17h05. Je suis encore à la recherche d’une activité à faire avec mon corps en attendant. Je suis allée à l’arrêt. Il y a un banc, mais dans la petite cabine en plastique où le soleil tape. Faque c’est comme être dans un cuiseur. Je reviens en ville à la recherche d’une autre Orangina. Je ne sais pas trop quoi faire de mon corps, encore une fois.

Plan A : 17h05 à 19h05 à Eguisheim
Plan B : 17h05… j’ai le troutecu en t’sous du bras
… alors je reste dans le bus jusqu’à la gare de Colmar.
Je récupère ma voiture et je m’enligne sur Décathlon pour faire un petit achat, je me suis arrêtée chez Cora pour acheter du fromage blanc et de quoi pour souper. Mon haut de garage m’attend.

Je suis contente de ma journée, mais je me demande si je pourrais toffer ça, un voyage en tour guidé tout le temps. Honnêtement? Je pense pas. Je n’ai pas de fonne à toujours regarder l’heure, à calculer combien de temps il me reste pour marcher, pour visiter, pour arrêter ici ou là. Mais j’ai eu du fonne à me faire trainer, paredzempe.

1 commentaire:

  1. Toute une journée…moi non plus les voyages organisés c’est pas pour moi.. Nicole G

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